Peintures - Jacques Brown

Rechercher
Aller au contenu

Menu principal :

SON ŒUVRE GRAPHIQUE : découverte, questionnement et travaux en série. Jacques Brown réalise près de 2500 dessins et croquis. Dans la plupart des cas, ils sont datés de 1935 à 1980. Les techniques abordées sont la mine de plomb, le pastel gras, la pointe d’un stylo bille, l’encre, l’aquarelle ou encore la gouache.
 Découverte. Ses premiers dessins sont des portraits, des nus et des paysages. Les dessins rythment la vie de l’artiste, ses désirs, ses humeurs, ses sentiments, comme pourraient le faire des carnets intimes. Il utilise le dessin et le croquis comme moyen de mémoriser et de travailler ses idées. La lecture de l’ensemble des dessins et recueils de dessins de Jacques Brown permet de lire l’évolution de son trait de dessinateur, ainsi que l’orientation de ses choix et partis-pris dans le temps.
 Questionnement.
A partir de 1947 à 1948, il se sert de son portrait comme support pour ses recherches graphiques. Ses dessins témoignent d’un souci constant de réalisme. L’artiste module par des stries et des hachures tous les traits de son visage. Il veut nous livrer ses moindres expressions faciales. Mais il accorde surtout une importance particulière au regard. L’intensité avec laquelle il se dépeint révèle toute la dimension psychologique de ses premiers autoportraits. Au fil des mois, l’artiste change radicalement sa manière de se représenter : la forme de son visage s’allonge, s’étire et se déforme presque à l’extrême. Jacques Brown passe de la saturation graphique à l’effacement progressif de sa figure. Au-delà de la simple recherche graphique, c’est l’artiste qui se cherche et se questionne.
 Travaux en série.
Le pastel et l’aquarelle lui permet aussi de travailler la couleur, par mélange optique ou par la superposition de tons. La ligne cède peu à peu sa place à la couleur, et la figuration détaillée à l’épuration formelle. Durant les années 50, on retrouve un véritable souci de composition et de structure, de géométrisation et de simplification des formes. Il prend possession, non pas de son image réelle, mais de l’icône de son visage dont il use et abuse comme support prototypique de sa réflexion interminable sur son existence de créateur. E.C.

 Les velours : une nouvelle forme d’écriture.
Jacques Brown récupère dans son atelier des vieux rideaux qui devaient servir de décor pour les prises de vues photographiques. Il s’est donc servi de ces velours comme support pour ses créations artistiques. L’artiste réalise 21 peintures en polyester sur velours entre 1957 et 1960. Il les expose en 1958 dans la galerie Stadler en 1958 et à New York en 1960. Il semble que ces peintures soient le fruit d’un processus d’expérimentation personnelle, une aventure plastique propre à Jacques Brown. Les couleurs explosives du fauvisme, la stridence des formes et des couleurs des expressionnistes se mêlent et forment une « calligraphie » nouvelle. Jacques Brown emploie lui même le mot de « méta signe ». Le signe et la couleur deviennent le sujet même de la peinture : la matière picturale s’échappe de ces contours où elle avait été trop longtemps cantonnée. La couleur pénètre au cœur de la fibre, au plus profond de la matière. Le tissu peint devient peinture et la peinture – inversement - redevient tissu, toile, support. L’épuration formelle laisse place au fourmillement et foisonnement du signe. C’est un nouveau monde pictural, un espace coloré, expressif.
 Les livres de compte : des répertoires de formes.

Depuis les années 50, Jacques Brown n’a de cesse d’explorer de nouveaux champs artistiques. S’essayant à différentes disciplines, l’artiste développe ses idées et se crée un nouveau langage formel et plastique. Pour garder une trace de toutes ses recherches, il se sert de ses anciens livres de compte. On en compte cinq. Les premiers, réalisés dans les années 60 et 70, sont des supports pour ses recherches en sculpture. Il réalise de nombreuses série de têtes. Dans les années 70, contraint de stopper ses activités de sculpteur, pour cause de problèmes pulmonaires, Jacques Brown donne une nouvelle dimension à ses livres de compte. Dans les derniers, datés des années 80, l’artiste mêle à ses expériences plastiques et graphiques, des prises de notes, des articles de journaux, des illustrations. Plus qu’un répertoire de formes ou de recherches chromatiques, l’artiste nous livre un véritable journal de bord. E.C.


 
Retourner au contenu | Retourner au menu